Sony Music et Warner Chappell attaquent Anthropic pour violation du droit d'auteur
Les deux éditeurs musicaux ont déposé plainte contre Anthropic devant le tribunal fédéral du district nord de Californie. Ils réclament des dommages et intérêts portant sur « des dizaines de milliers » d'œuvres protégées, à hauteur de 150 000 dollars par œuvre, auxquels s'ajoutent jusqu'à 25 000 dollars pour chaque cas où les informations d'identification du droit d'auteur auraient été retirées des fichiers.
La plainte est plus large que les procédures habituelles sur ce terrain : au-delà de l'entraînement des modèles, elle insiste sur l'acquisition des œuvres elle-même, présentée comme du piratage. C'est un déplacement du débat juridique. Jusqu'ici, la défense des laboratoires reposait largement sur l'usage loyal appliqué à l'entraînement ; l'argument porte moins bien si la question devient celle de la provenance des fichiers utilisés.
Le montant potentiel est structurant. Multipliées par le nombre d'œuvres revendiquées, les sommes réclamées dépassent ce qu'un règlement ordinaire absorberait, ce qui pèse sur la valorisation et les levées de fonds de l'entreprise autant que sur l'issue du procès. Rien n'est tranché : il s'agit d'une plainte, pas d'une décision, et la procédure prendra des mois. Anthropic n'avait pas répondu publiquement au moment où l'information a été rapportée.